Chômage: à bas les idées reçues sur les seniors !

Selon une étude parue ce mardi 26 février, les seniors sont mobiles, prêts à baisser leur salaires et changer de fonction. Et ils s’adaptent bien dans des équipes plus jeunes.

Nina Godart
Le 26/02/2013 à 16:52
Mis à jour le 26/02/2013 à 17:01
Les seniors, catégorie d'âge très touchée par le chômage, sont trop humbles, mais pas du tout hermétiques au changement (Reuters)

Les chiffres clés L'âge à partir duquel on est senior:

> 45 ans pour 48% des seniors

> 50 ans pour 55% des consultants

> 55 ans pour 38% des RH

Les atouts des seniors:

> Unanimement : l’expérience en 1er

> L’expertise, pour 65% des consultants et 44% des RH, mais pour seulement 39% des seniors

La mobilité géographique et fonctionnelle:

> 36% des consultants et 43% des RH pointent la résistance au changement des seniors

> 68% des seniors prêts à baisser leur salaire

> 90% prêts à changer de fonction

> 47% prêts à déménager

Le nombre de chômeurs pourrait dépasser les 3,2 millions, ce mardi 26 février, un record atteint pour la dernière fois il y a seize ans. Les jeunes et les seniors restent les catégories les plus touchées par le chômage.

Les générations les plus anciennes pâtissent en outre d’une image peu flatteuse dans les milieux professionnels, sur leur résistance au progrès, leur manque d’adaptabilité notamment. Pourtant une étude commandée par l'association "A compétence égale", qui lutte contre toutes les formes de discrimination, met à bas un certain nombre de stéréotypes.

Titrée "les seniors et l’accès à l’emploi", l’enquête a consisté à interroger des seniors en recherche d’emploi, mais aussi des consultants en recrutement et des employés de services de ressources humaines.

Première idée reçue battue en brèche par l’étude : la supposée "résistance au changement" des seniors. Les spécialistes du recrutement et les responsables de ressources humaines la considèrent comme l’un des premiers freins à l’embauche d’un senior, respectivement à 36% et 43%. Or les principaux intéressés se déclarent prêts à baisser leur rémunération, à 68%, à changer de fonction à 90%, et à déménager à 47% !

"L'expertise", plus valorisable que "l'expérience"

Les seniors, eux, considèrent leur coût comme le principale frein à leur embauche. Alors que pour les consultants, c’est leur incapacité à s’intégrer dans des équipes plus jeunes. Une observation que ne partage ni les seniors, ni les services de ressources humaines.

L’étude montre par ailleurs une certaine forme d’humilité dans cette catégorie. Sébastien Bompard, le président de "A compétence égale", notait ainsi, lundi 25 février sur BFM Business, que "les seniors savent assez mal se vendre". Par exemple, ils reconnaissent comme qualité première leur "expérience" à 72%. En revanche, ils ne mettent pas en avant leur "expertise". Or le premier atout est un simple "fait", tandis que le second est un réel "avantage concurrentiel" qu’il faut promouvoir, souligne Sébastien Bompard.

Le président de l'association estime qu’il y a une belle marge de progression pour inciter à l’embauche des seniors. Ce qui lui donne de l’espoir sur une potentielle amélioration de leur taux d’emploi. Les premiers concernés sont moins optimistes: 91% des seniors interrogés disent anticiper des freins à l’embauche les concernant…

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