Carrefour veut revenir à son métier d’épicier pour se relancer

Proposer une offre de produits frais attractifs, améliorer sa politique des prix, faire la chasse au gaspillage : avec ces recettes, Georges Plassat, PDG de Carrefour, compte relancer le groupe de distribution dans les trois prochaines années.

Coralie Cathelinais
Le 30/08/2012 à 16:00
Mis à jour le 30/08/2012 à 16:51
Georges Plassat entend redresser la barre en France, où ses hypers ne cessent de perdre des parts de marché (Reuters)

CARREFOUR
Ce qu'il faut retenir > Carrefour a fait état d'une perte nette de 31 millions d'euros au premier semestre

> Le groupe a annoncé une baisse de 8% de son résultat opérationnel courant 

> Le groupe va supprimer entre 500 et 600 postes

"Je suis un épicier ". C’est ainsi que Georges plassat, PDG de Carrefour, a défini ses activités, lors de la conférence qui a suivi la présentation des résultats semestriels du groupe, ce jeudi 30 août. Le dirigeant compte en effet revenir aux fondamentaux pour redonner de l’élan au groupe de distribution.

Pour lui, il est essentiel d’être en pointe sur l’alimentaire et surtout les produits frais. Mais plutôt que de privilégier le foisonnement, il mise surtout sur l "‘efficacité " et la " rationalisation de l’offre". Des principes qui doivent permettre au groupe d’assurer ses marges.

Autre changement à venir dans les linéaires : les MDD (marques de distributeurs) ne vont plus être considérées comme une priorité stratégique. Geoges Plassat remet ainsi en question l’ambition de ses prédécesseurs de porter leur part à 40% des produits en rayons.

"C'est vain, explique Plassat. Les produits repères, pour les clients, ce sont les grandes marques, il ne faut pas se leurrer ". Mais en plus des marques nationales, il compte aussi donner leur chance aux fournisseurs locaux au sein de ses hypermarchés. Une recette qui a bien réussi au concurrent Intermarché.

Plus de promotions à tout va

Quant à la politique des prix, Georges Plassat n’est pas partisan de baisses drastiques. Il estime que ceux appliqués dans ses rayons sont suffisemment attractifs. "Nous n'avons pas l'ambition d'être les moins chers du marché. Carrefour est très bien placé en prix".

Le PDG compte surtout changer la perception de ses étiquettes auprès des consommateurs. Le challenge est de parvenir à les convaincre que, quel que soit le moment où ils remplissent le chariot, les prix sont intéressants. Ainsi, les promotions à tout va ne seront plus d’actualité, au profit d'offres plus ciblées et convaincante.

Chasse aux coûts

L’autre grand axe de son plan porte sur la chasse au gaspillage. Le PDG de Carrefour a ainsi confirmé un plan de départs volontaires qui porte sur 500 à 600 postes dans les sièges et les fonctions supports.

II compte aussi réduire les frais généraux. Pour cela, les responsables des magasins auront une plus grande autonomie, ce qui leur permettra d’adapter leur stratégie au contexte local.

Sur le plan international, Georges Plassat n’a pas écarté de nouveaux désengagements dans des pays où l’activité n’est pas très porteuse. La Pologne, la Turquie et encore l’Indonésie sont dans la ligne de mire.

Même si sa présentation a manqué cruellement d’objectifs chiffrés, le PDG a confirmé le but qu’il s’est fixé lors de son arrivée en mai : redresser Carrefour dans les 3 ans.




























Sondage

Fraude fiscale: le fisc doit-il utiliser les fichiers volés?
La bourse en direct La bourse en direct
CAC 40 3778.46-1.59%
Ouverture : 3777.06
Clôt veille : 3839.34
+ bas : 3760.97
+ haut : 3781.06

Les chroniques

Doze le nettoyeur
Nicolas Doze est éditorialiste à BFM TV et BFM Business. C'est en octobre 2001 qu'il intègre BFM Radio, après cinq années passées au sein de la rédaction économique de Radio Classique. Depuis le début de sa carrière, dont quatorze années en matinale avec Réveil au cœur de la nuit, il se consacre au suivi quotidien de l'actualité économique et financière.
Les chroniques de Nicolas Doze
L'édito de Marc Fiorentino
Une vision décapante de la finance par Marc Fiorentino, du lundi au vendredi à 8h15
Les chroniques de Marc Fiorentino