BPI: une gouvernance, mais pour quelle mission?

Le premier conseil d’administration de la Banque publique d'investissement s'est tenu ce jeudi 21 février, à Dijon. Si ceux qui vont la diriger sont désormais en place, le flou persiste quant à sa mise en musique.

Yann Duvert
Le 21/02/2013 à 22:13
Mis à jour le 21/02/2013 à 22:15
Ségolène Royal, Jean-Pierre Jouyet, Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg ont pris part au premier conseil d'administration de la BPI. (Y.D.)

Au sortir du premier conseil d’administration de la Banque publique d'investissement (BPI), l’optimisme était clairement de rigueur. Chacun à sa manière.

Tout d’abord, la méthode Montebourg : premier sorti de la réunion, le ministre du Redressement productif s’est fendu d’une courte intervention lyrique, durant laquelle il a vanté les mérites d’une banque "pas comme les autres", "plus patiente et moins gourmande", au contraire des banques classiques obsédées "par une rentabilité excessive".

Il a également mis l’accent sur la possibilité de "retournement", pour des entreprises "ayant des difficultés passagères". Entretenant du même coup le flou sur les cibles visées par la BPI.

Mais les ardeurs d’Arnaud Montebourg ont été quelque peu tempérées par le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici. "L’histoire de la BPI, c’est l’histoire d’un train qui arrive à l’heure, sans fureur et sans fracas", a-t-il ainsi déclaré en guise d’introduction. Et surtout pas "un instrument magique". Tout en rappelant que ce premier conseil d’administration avait essentiellement pour vocation "de mettre rapidement sur pied une gouvernance opérationnelle".

La "doctrine d’intervention", elle, attendra. Elle sera en effet "débattue par le Parlement dans les mois à venir".

Une meilleure communication, priorité de la BPI

Pour l’heure , l’accent devrait être mis sur la communication, car la BPI peine à se faire connaître auprès des entreprises. "Il faut créer une vraie marque, développer l’affect", dit-on au sein de la nouvelle structure.

Cela passera, d’abord, par un nouveau logo, que Nicolas Dufourcq, le directeur général, devrait présenter lors du prochain conseil d’administration.

Par la création, ensuite, de guichets uniques en région. "Les PME n’ont pas toujours conscience des outils mis à leur disposition", déplore Amélie Faure, patronne de l'entreprise Augure, et administratrice de la BPI. "Durant les différentes levées de fonds que j’ai dû effectuer, le manque de communication a été un vrai frein."

Les membres du conseil d’administration ont, en revanche, voulu mettre un terme à la polémique sur l’omniprésence socialiste au sein de la nouvelle banque, alimentée par la nomination de Ségolène Royal à la vice-présidence. "Sur 22 régions, il n’y en a qu’une seule à droite, que voulez-vous qu’on y fasse", s’agace Jean-Paul Huchon, lui aussi représentant des régions.

Sur le même thème, Pierre Moscovici, lui, a choisi une autre formule : la BPI n’est "pas une banque politique mais au service d’une politique". Il ne reste plus qu’à savoir laquelle…

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