BFMTV s'oppose à l'arrivée de LCI sur la TNT gratuite

La chaîne d'information du groupe TF1 pourrait bénéficier d'un amendement qui donne au CSA le pouvoir de faire passer en gratuit une chaîne TNT payante.

Jamal Henni
Le 28/08/2013 à 17:33
"Il n'y a pas de place pour trois chaînes d'information gratuites", a assuré Alain Weill (BFM Business)

Dans la nuit du 24 au 25 juillet, les députés ont adopté -à la surprise générale- un amendement qui permet le passage en gratuit d'une chaîne TNT payante.
Précisément, cet amendement donne au CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) le pouvoir d'autoriser un tel passage.

Cet amenendement a été adopté suite à un lobbying intensif de TF1, qui espère ainsi faire passer en clair sa chaîne LCI, actuellement diffusée sur la TNT payante.

Une perspective qui déplaît souverainement à ses concurrents BFMTV et iTélé, déjà diffusées sur la TNT gratuite. Mercredi 28 août, lors de sa conférence de rentrée, le patron de BFMTV Alain Weill, a redit tout le mal qu'il pensait de cet amendement.

"Pas de place pour trois"

"Il n'y a pas de place en France pour trois chaînes d'information gratuites. Nulle part il n'y a plus de deux chaînes", a expliqué le PDG de NextRadioTV, à qui appartient ce site web.

En outre, si LCI accédait à une diffusion sur la TNT gratuite, cela "n'apportera pas de solution certaine à ses problèmes. Si LCI est en difficulté, c'est parce que LCI a fait un mauvais choix stratégique". Bref, "on passera d'une chaîne en difficulté à trois chaînes en difficultés, on passera d'un malade à trois moribonds. Cela viendrait déstabiliser BFMTV et renforcer TF1. On va expliquer au CSA que c'est juste impossible!"

Autre argument: le passage en gratuit d'une chaîne de la TNT payante "n'est pas anodin. Cela a un impact économique, et sur la liberté d'expression. C'est quasiment comme si une nouvelle chaîne était lancée". Pour Alain Weill, c'est donc "un changement trop important pour être effectué via une simple décision du collège du CSA. C'est un sujet suffisemment important pour justifier un appel à candidatures".

Toutefois, si une telle possibilité devait exister, Alain Weill souhaiterait qu'elle s'applique uniquement "lors du renouvellement de l'autorisation d'émettre d'une chaîne".

Aurélie Filippetti fluctue

La balle est maintenant dans le camp des sénateurs, qui doivent examiner cet amendement le 1er octobre. L'attitude qu'adoptera le gouvernement lors du vote est très attendue, car elle a jusqu'à présent été fluctuante.

Le 16 juillet, lors de l'examen en commission, Aurélie Filippetti affirme être "défavorable" à cet amendement, avançant plusieurs raisons: "il s’agit d’attribuer une nouvelle compétence au CSA, ce qui est plus qu’une modification substantielle. Par ailleurs, les chaînes concernées avaient l’occasion de modifier le statut de leurs chaînes au moment de l’appel à candidatures pour les six nouvelles chaînes de la TNT. Enfin, il convient d’évaluer les impacts de la mesure proposée sur l’ensemble du paysage audiovisuel. Tout cela exige du temps".

Mais, une semaine plus tard, lors du débat en séance, Aurélie Filippetti n'exprime plus d'opposition, et s'en remet "à la sagesse de l'Assemblée". La ministre de la Culture assure alors: "cet amendement peut correspondre à la volonté que nous partageons de mieux prendre en compte l’évolution des équilibres économiques de l’audiovisuel dans les critères de choix du CSA. [...] C’est une très lourde responsabilité que vous souhaitez confier au CSA. J’en prends acte..."

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