Ayrault dément "tout nouveau plan de rigueur"

Après avoir mis un terme à la polémique sur la révision de la croissance, ce mardi 19 février, le Premier ministre a affirmé qu'il n'y aurait pas de nouveau plan de rigueur ni de remise en cause de la politique familiale.

Patrick Coquidé et AFP
Le 19/02/2013 à 14:00
Mis à jour le 19/02/2013 à 14:45
Jean-Marc Ayrault veut calmer le jeu (AFP)

Opération déminage. Jean-Marc Ayrault est monté au front, ce mardi 19 février. Devant les députés PS, le Premier ministre a affirmé qu'aucun plan de rigueur n'est prévu en 2013, et a assuré que la politique familiale "ne serait pas remise en cause".

"La question, c'est de mieux gérer les dépenses publiques mais le faire de telle manière qu'un certain nombre de politiques, comme celle de la famille, qui donne des résultats, ne soient pas remises en cause", a estimé Jean-Marc Ayrault. "Notre objectif, c'est l'équilibre en fin de mandat", a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a promis un déficit zero de la branche famille en 2016 alors que celle-ci affichera 2,6 milliards d'euros de déficit fin 2013.

Pas de remise en cause de la politique familiale

Ces déclarations interviennent au terme d'une matinée agitée. Sur RTL, ce 19 février, Laurent Fabius avait annoncé une révision à la baisse de la prévision de croissance à 0,2% ou 0,3%. Ce qui avait valu un communiqué de Bercy estimant que "rien n'était encore arrêté". Jean-Marc Ayrault a été contraint de publier un communiqué affirmant qu'aucune cacophonie n'existait au sein du gouvernement. Quelques heures après, le chef de l'Etat estimait, lui, que "nous n'atteindrons pas les 0,8% de croissance en 2013".

Le chef du gouvernement a également dû calmer le jeu sur le dossier de l'éventuelle fiscalisation des allocations familiales. Le débat lancé dimanche 17 février par Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, sur une possible fiscalisation des allocations familiales tourne en effet au casse-tête pour le gouvernement.

Quid de l'inflexion de la courbe du chômage ?

Même si Jean-Marc Ayrault récuse tout nouveau plan de rigueur, la remise en cause de la prévision de croissance, actuellement de 0,8%, va avoir des conséquences. Le gouvernement qui était à la recherche de 10 milliards d'euros d'économies budgétaires pour 2013 va devoir tailler un peu plus dans les crédits, de l'ordre de 4 milliards afin de compenser les rentrées fiscales inférieures aux estimations basées sur 0,8%.

Surtout, avec une croissance de 0,2 ou 0,3% comme l'envisage Laurent Fabius, l'objectif présidentiel d'inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année paraît encore plus complexe. A moins de 1,5% de croissance, la France ne peut pas créer d'emplois...

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