Marfa Girl : Larry Clark dit "fuck" à Hollywood

Le réalisateur subversif sort son dernier film directement en streaming sur Internet. Un acte politique sous forme de provocation à l'industrie du cinéma américain.

Laure Beaudonnet
Le 23/11/2012 à 18:01
Mis à jour le 23/11/2012 à 18:18
Larry Clark a gagné le prix Marc-Aurèle du Festival de Rome (Tiziana Fabi - AFP)

Coup de pub ou coup de gueule ? Le réalisateur très provocateur Larry Clark a sorti son dernier opus, Marfa Girl en streaming sur le web. Depuis le 20 novembre, on peut regarder l’œuvre de l’artiste, plasticien à ses heures, pour 5,99 dollars sur son site internet. Le long métrage, qui a remporté le Prix Marc-Aurèle du Meilleur film au Festival de Rome la semaine dernière, existe même avec des sous-titres français et italien.

À l’heure où la toile, berceau du téléchargement illégal, est associée à la mort du septième art, Larry Clark en puise plutôt les avantages. Normal pour l’un des cinéastes les plus subversifs d'Hollywwod. Passionné par une frange de l'adolescence underground, au point d’en choquer plus d’un (son exposition Kiss The Past Hello avait été interdite au moins de 18 ans), le réalisateur fait de cette sortie web un geste politique.

Tout le monde regarde des films sur ordinateur

Larry Clark en explique la démarche au Festival de Rome : "J’ai voulu dire à Hollywood d’aller se faire foutre (fuck). [...] Tout le monde regarde les films sur son ordinateur, télécharge les séries télé, passe sa vie sur YouTube, si tous les jeunes passent leur temps devant leurs ordinateurs à organiser leur soirée, draguer les filles, alors allez directement à eux! Il faut leur proposer des films en ligne !" Soit. Et quand on connait les difficultés de la plupart des cinéastes indépendants pour sortir leurs films par les voies classiques – en France aussi, il n’y a qu’à prendre l’exemple de Donoma – il ouvre encore une alternative au cinéma.

L’icône de la contre-culture américaine, célèbre pour ses films chocs sur la jeunesse (Kids, Bully), il recycle ses sujets de prédilection : sexe entre ados (on se souvient de la sulfureuse scène d’onanisme dans Ken Park), l’univers des skaters, la population latino-américaine. Bref, sa bonne vieille recette. À regarder de son canapé !

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