#ChereCarlaBruni : Twitter s'enflamme contre l'ex-première dame

Les déclarations de Carla Bruni-Sarkozy dans Vogue où elle estime "qu'on n'a pas besoin d'être féministe dans [sa] génération" valent à l'ancienne première dame des centaines de critiques de femmes outrées sur le réseau social.

V. G. avec AFP
Le 28/11/2012 à 17:08
Mis à jour le 28/11/2012 à 23:30

La statue de Carla Bruni inaugurée à Nogent-sur-Marne


Carla Bruni-Sarkozy s'est attirée les foudres des féministes sur Twitter, mardi. Les raisons de cette fronde en ligne ? Une interview de l'ex-Première dame à paraître dans Vogue, le 3 décembre, où elle estime "qu'on n'a pas besoin d'être féministe dans [sa] génération". 

"Il y a des pionnières qui ont ouvert la brèche. Je ne suis pas du tout militante féministe. En revanche, je suis bourgeoise", assure l'épouse de l'ancien chef de l'Etat dans le numéro de décembre - janvier.

Dénonçant ces propos, le mouvement "Osez le féminisme !" a rapidement invité les utilisateurs de Twitter à lui répondre avec le "hashtag" #ChereCarlaBruni et le slogan : "Toi-aussi, explique à Carla Bruni pourquoi ta génération a besoin du féminisme !".

"75.000 femmes majeures violées en France/an suffisent à me convaincre que ma génération a besoin du féminisme"

"On aura besoin du féminisme tant qu'un mec passant sur le trottoir te guidera spontanément pour faire ton créneau", a posté la comédienne Isabelle Mergault sur son compte @IsaMergault.


"75.000 femmes majeures violées en France/an suffisent à me convaincre que ma génération a besoin du féminisme", lance quant à elle @ClaireS_C de "Osez le féminisme!". Le message sera parmi les plus retweetés.

"Vous êtes une vraie bourge, finalement ne vous manque que l'intelligence pour saisir l'indécence de vos propos", attaque de son côté la journaliste Muriel Cousin (@MurielCousin), la compagne de l'humoriste Stéphane Guillon qui met en scène les spectacles de ce dernier.

Interrogée mercredi matin par Le Lab Europe 1 pendant le compte-rendu du Conseil des ministres, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement et ministre des Droits des femmes, a, elle, estimé qu'"On a besoin que tout le monde soit féministe. Le féminisme, c'est un combat pour l'égalité des sexes, pas pour la domination d'un sexe sur l'autre".

Pour la députée européenne et ancienne ministre Corinne Lepage (@corinnelepage), "tant qu'il n'y aura pas de femmes à la Banque Centrale Européenne, on aura besoin de féminisme, #ChereCarlaBruni".

Des centaines d'autres messages sont ainsi toujours publiés sur Twitter depuis mardi soir.

"Encore besoin qu'on parle d'égalité salariale et professionnelle"

La chef d'entreprise et auteur Marie Donzel s'est même fendue d'un billet sur son blog, où elle explique qu'elle s'est "étranglé" en lisant les déclarations de Carla Bruni-Sarkozy.

"Parce que moi qui suis juste un tout petit plus jeune que toi, j'ai encore besoin du féminisme ! Moi, j'ai encore besoin qu'on parle d'égalité salariale et professionnelle ; moi, j'ai encore besoin et envie d'être représentée par des femmes en politique ; moi, j'ai plus que jamais besoin qu'on déconstruise les stéréotypes sexistes qui empoisonnent la vie de tous et empêchent autant les femmes que les hommes d'être eux-mêmes", s'insurge-t-elle.

Chiffres de l'OMS, de l'ONU Femmes et du nombre de femmes battues en France à l'appui, la blogueuse parle aussi des femmes qui sont moins bien soignées ou nourries, qui ont "peur de se promener seule la nuit", celles qui se font "traiter de 'salope même pas belle' quand elles repoussent les avances trop pressantes d'un passant ou d'un voisin" etc.

"Nous sommes bien plus nombreux-ses, toutes générations confondues, que Carla Bruni-Sarkozy le pense à avoir un vrai besoin de féminisme", conclue-t-elle.

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